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2010/03/09

Critique radicale de l'idée de "dieu" (3)


En l’absence des ressors intellectuels leur permettant de comprendre les mécanismes de la réalité, nous savons bien que les êtres humains, jusqu’à environ l'age de cinq ans, s’imaginent des forces mystérieuses qui provoquent les phénomènes que ses sens perçoivent. Il en vient même à se persuader que sa pensée peut influer sur le cours des choses. En grandissant, les êtres humains perdent en général heureusement cette vision égo centrées et arrivent plus ou moins à décoder correctement d’abord l’existence des choses et des êtres en dehors d’eux-mêmes puis à interpréter à peu près correctement les relations de causalités, à appréhender les chaines logiques d’évènements et d’interactions entre les choses et les gens.


Il existe pourtant en chacun de nous des résidus non digérés de la pensée magique originelle. Nous devons bien l’admettre, nous sommes tous plus ou moins empreints de superstition. Ce qui nous conduit à pointer une première explication de l’incroyable succès du concept de dieu :


Dieu explique et justifie absolument tout.

S’imaginer que les phénomènes inattendus de l’existence et de la nature sont régis par des divinités ad-oc permet de contrebalancer l’angoisse de l’homme, notamment préhistorique, devant les fluctuations imprévisible du marché des troupeaux de mammouths et des hordes de rennes. Sans compter les impressionnantes occurrences aléatoires des tempêtes tropicales avec leurs cortèges de bourrasques, d’orages et de pluies battantes. Les ressources limitées de nos honorables lointains prédécesseurs vêtus de peaux de bêtes leur ont pourtant permis de mettre au point un certain nombre de procédures sensées satisfaire l’appétit des dieux et par la même de garantir une bonne chasse, de triompher d’une rage de dent et de s’attirer les grâces de girondes compagnes. Je suis bien certain que les cérémonies à l’époque devaient réunir un grand nombre de participants autour de festivités hautes en couleur et propres à frapper l’imagination du populo. C’était un peu vulgaire, mais l’on s’amusait beaucoup. Ensuite soit la chasse était bonne et le grand prêtre était réélu, soit le mammouth était récalcitrant et le troupeau de rennes clairsemé. Alors, le grand prêtre se retrouvait immolé dans la joie et la bonne humeur.

9 commentaires:

patbac a dit…

On ne peut être que d'accord avec tout ce qui est (fort bien) écrit. Qu'ajouter de plus ? L'exposé en 3 épisodes étant, jusqu'à présent, limpide comme un lac de montagne au petit matin, je ne me sens pas motivé outre mesure pour faire fumer le clavier.

À quand le dézingage en règle dont on perçoit le préchauffage, à peine étouffé, derrière les jolis mots élégamment alignés...

Cher B.O.B., j'attends avec gourmandise votre sortie du bois !

patbac a dit…

Impatient je suis de vitupérer contre Lui. Je vais donc, à la suite de Claude, continuer à souffler sur les braises du bûcher.

Dans cette chronique, il s'agit d'avantage pour moi de me défouler commodément que de débattre sérieusement du bien fondé d'une telle ineptie qui relève d'avantage de la plus grande escroquerie intellectuelle de toute l'histoire de l'humanité que d'un réel besoin existentiel, à l'instar du Père Noël, puissant concept marketing au service des fabricants de peluches et autres colifichets ludiques et colorés de fin d'année. Voilà donc mon point de vue, brut de décoffrage mais, de l'avis de Claude et de par l'existence même de ce forum, le sujet, tant l'enflure est de taille, mérite qu'on s'y attarde un chouïa.

Tout d'abord, véritable béquille pédagogique parfaitement creuse et bancale mais apparemment suffisante aux esprits simples des temps reculés, le concept des Dieux, permit sinon d'expliquer, du moins de désigner les responsables des merveilles et terreurs qui composaient le monde. L'exposé de B.O.B est parfaitement explicite sur son origine. Le néant rationnel fut aussitôt rempli par un irrationnel ostensible voire tapageur, bien que festif et coloré. Quand on observe aujourd'hui ce qu'ils ont fait de ce gadget lumineux, on peut regretter les 2000 ans écoulés, bref.

Les créateurs du concept, en tout cas ceux qui en parlaient le mieux, appréhendèrent aussitôt le pouvoir dont ils pouvaient abuser sur la crédulité ambiante et généralisée. En rajoutant quelques plumes par ci et quelques accessoires morbides par là, le tout emballé dans un accoutrement autant excentrique que ridicule, ils édictèrent les premiers interdits et donc les premières menaces en cas d'insoumission. Un concept plus que fameux, un puissant credo et une niche commerciale de première bourre. Le plan fonctionnait à merveille et ils devinrent bientôt presque plus puissants que les chefs. La parole associée à la peur devint une arme aussi efficace que le muscle et la lance...

Le polythéisme a fait place au monothéisme mais le concept demeure, en plus trash. Pourtant la science a répondu à la plupart des questions. Seul subsiste encore ce vide abyssal et vertigineux auquel nous sommes confrontés quand notre regard se porte vers l'espace. Il y a là un trouble ancestral et moderne qui nous interroge tous. L'oeuf ou la poule ? Même combat !

La réponse viendra sûrement un jour... en attendant, certains préfèrent une réponse fantaisiste à pas de réponse....

B.O.B. a dit…

Camarades,
Critiquer dieu est salutaire : il n’existe pas et pourtant il nous emmerde. Même si les premières salves badinent un peu, mon entreprise est ici plus radicale que ma critique de la démocratie. Si je cherche à dépasser la démocratie, je ne souhaite en aucun cas remplacer l’idée imbécile d’hallah ou de yavé par quelque chose d’autre. Comme disait le professeur Choron (mon maître) : « qu’ils crèvent », je parle des dieux, comme ils n’existent pas cela ne porte pas beaucoup à conséquence.

B.O.B. a dit…

Camarades,
Critiquer dieu est salutaire : il n’existe pas et pourtant il nous emmerde. Même si les premières salves badinent un peu, mon entreprise est ici plus radicale que ma critique de la démocratie. Si je cherche à dépasser la démocratie, je ne souhaite en aucun cas remplacer l’idée imbécile d’hallah ou de yavé par quelque chose d’autre. Comme disait le professeur Choron (mon maître) : « qu’ils crèvent », je parle des dieux, comme ils n’existent pas cela ne porte pas beaucoup à conséquence.

B.O.B. a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
patbac a dit…

Je n'ai jamais douté une seconde de ta radicalité sur le sujet.
Je m'en vais de ce pas rejoindre l'Épisode IV...

patbac a dit…

Nous sommes en parfaite osmose sur le sujet lorsque je parlais de niche commerciale bien que dans le cas présent l'espace d'une niche soit microscopique en regard de l'arnaque mise en place et du préjudice subi.

Nous pouvons accepter l'idée que l'escroquerie put se mettre en place en ces temps reculés où la nuit affolait l'humanité mais comment font-ils aujourd'hui pour rameuter et mettre en transe ces foules encore nombreuses ? Sans parler du décalage entre le prêche et le quotidien d'un dignitaire de l'église catholique, pour commencer par elle.Quelle crédibilité concéder à cette caste mythomane qui s'engraissa durant tous ces siècles passés sur le dos des crédules ? Benoît pète dans la soie et se pose en modèle d'ascèse... Benoît, une croix latine autour du cou, une croix gammée sur le bras, prône l'amour entre les hommes... Plus c'est énorme et mieux ça passe. Franchement, comment fait-il, le milliard, pour continuer à marcher dans toutes ces combines moisies ? Le vrai mystère de la foi catholique se situe peut-être bien là...

Mais le Pape, ses évêques et leurs curés ne sont pas uniques margoulin en ce marché. La galette, même si elle a tendance à rétrécir, demeure énorme et fort disputée. En plus des prêtres, vicaires, curés, moines et autres ecclésiastiques, il faut ajouter les pasteurs, les desservants, les popes, les papas, les imams, les rabbins, les lévites, les lamas, les bonzes et autres druides et mystagogues de tous poils.

Je fis jadis un voyage à Jérusalem surnommée joliment "La Ville Sainte". Cette ville est divisée entre les catholiques, les musulmans, les juifs et les orthodoxes qui passent leur temps à se tirer la bourre sur la vente de souvenirs et les excursions dévotes. Chaque mètre de trottoir gagné représente une part de marché supplémentaire. Voilà ce que j'ai retenu de Jérusalem dès la première journée... en même temps je n'étais pas franchement le client idéal. Le produit divin représente avant tout un business très lucratif, avec ses différents packagings, ses multiples produits dérivés , ses promotions saisonnières, ses bonimenteurs...

... et tout cela avec un produit qui n'existe pas !

À ce niveau-là il faudrait inventer un nouveau mot car celui de Génie paraît désuet... à moins de le prendre dans le sens de Farfadet, Djinn ou Esprit follet ...

clodlemaire a dit…

Finalement et tout bien réfléchit à ce stade de la lecture du chapitre et des commentaires, voila comment je vois les choses.
Aussi bête soit-il, l'humain a la faculté de conceptualiser sa pensée.
Corollaire premier, il se croit supérieur et intelligent.
Corollaire second, il en déduit qu'il n'est pas là pour rien...

Du coup, il se dit qu'il ne peut pas mourir , comme ça, et puis stop tout s'arrête, qu'il faut bien que ça lui serve à ketchoz tout ce bordel, alors il y a forcément un autre truc après la mort, passe que sinon, c'est flippant, (pensait Rahan), et la seule chose qui peut expliquer ça ben c'est dieu(x)(pensait le sorcier de Rahan)...
Et du coup Rahan il s'est fait blouser parce que du fait même qu'il acceptait l'existence d'un être supérieur, il admettait qu'il était inférieur, donc il admettait le dogmes et sa kyrielle de hiérarchisations diverses et variée (le sorcier de Rahan est très imaginatif.

patbac a dit…

Effectivement, la conscience même de son existence implique des responsabilités face à son milieu et pose un certain nombre de questions fondamentales dont nous nous sommes souvent gaussés : d'où viens-je ?, où vais-je ?, où cours-je ? concombre ? etc...

L'idée de néant reste inconcevable a priori et il est plus aisé d'en détourner l'appréhension vertigineuse en élaborant une théorie fumeuse mais rassurante, celle d'une "existence" après la mort. Cette théorie fort retorse d'ailleurs, en plus d'apporter une réponse bidon, certes mais une réponse au vide ultime, implique une vie terrestre de piété (soumission et obéissance à Dieu et ses représentants) et d'humilité (acceptation de sa condition face aux puissants)."Patience, si t'es un bon pauvre soumis, t'iras au paradis céleste à là tu t'en mettras plein la gueule et te taperas plein de super-gonzesses". Tellement énorme que c'est passé et puis surtout, c'était l'unique réponse tendance des époques ténébreuses.

Et aujourd'hui alors ? Keskispass ?

Ben, c'est toujours certaines questions demeurées sans réponses qui font flipper les plus fragiles. Stress parfaitement entretenu par les trafiquants de spirituels à deux €. On préfère s'accrocher à une explication extravagante qu'à pas d'explication du tout. Et puis, même si c'est complètement con, ça ne coûte rien et dans le doute, mieux vaut croire. C'est le fameux pari de Blaise P. "T'imagine, si c'était vrai, après une vie de merde, manquerait plus qu'on se cogne une éternité pourrie..."